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Pourquoi des appareils 'éteints' consomment encore de l’énergie

On rentre chez soi, la veilleuse rouge du téléviseur brille dans le noir. À côté, le chargeur de téléphone reste tiède, même sans rien au bout. Rien ne bouge, mais quelque chose continue de tourner.

Basé sur recherche scientifique (Lawrence Berkeley National Laboratory, www.energy.gov, ADEME, Rapport 'Veille et consommation cachée', Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research, Étude sur la directive EuP)

Beaucoup pensent que couper un appareil suffit à stopper sa consommation. Pourtant, même sans écran allumé ni son, nombreux appareils restent partiellement actifs. Ce phénomène, discret mais généralisé, éclaire le fonctionnement caché des objets du quotidien : téléviseur, box internet, enceintes connectées, ou chargeur sans téléphone branché.

Ce mécanisme ne rend pas compte de tous les usages : certains vieux appareils électriques (lampe à ampoule, grille-pain) ne consomment rien une fois coupés. Mais dès que la commande d’allumage passe par une télécommande, une horloge ou une connexion réseau, l’histoire change. L’incompréhension vient souvent du fait que cette dépense d’énergie reste invisible – sauf à voir une lumière résiduelle, ou à toucher un chargeur tiède sans appareil branché.

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Comment la veille consomme

L’appareil reste prêt à réagir à distance : bouton d’une télécommande, mise à jour automatique, réveil programmé. Pour cela, certains circuits restent alimentés en permanence, même si la majorité de l’électronique est coupée. C’est ce qu’on appelle la 'consommation fantôme'. Elle permet à l’appareil de sortir de veille en une seconde, ou de rester connecté au réseau sans interruption.

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Le Lawrence Berkeley National Laboratory a mesuré cette consommation résiduelle : un téléviseur moderne utilise entre 1 et 5 watts en veille, soit l’équivalent d’une ampoule de frigo allumée en continu (source : www.energy.gov, 2020).

La coupure qui n’en est pas une

L’idée courante : un appareil 'éteint' ne coûte rien. En réalité, la plupart des équipements récents continuent de consommer, parfois plus sur toute leur durée de vie qu’en phase active. Ce décalage vient du choix technique de privilégier la réactivité et la connexion permanente.

Des variations selon les appareils et les normes

Tous les appareils ne se valent pas. Un micro-ondes affichant l’heure, un décodeur TV connecté ou une console de jeu en veille peuvent représenter plusieurs dizaines de kWh par an. À l’inverse, certains équipements certifiés basse consommation sont conçus pour limiter ce phénomène.

L’ADEME a chiffré le poids de cette consommation cachée : jusqu’à 11% de la facture électrique annuelle d’un foyer français proviendrait des appareils en veille (Rapport 'Veille et consommation cachée', 2022).

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Depuis 2010, l’Union européenne impose des seuils de consommation maximale pour la veille. Selon le Fraunhofer Institute (Étude sur la directive EuP, 2015), ces normes ont réduit la consommation de nombreux appareils, mais pas partout ni pour toutes les catégories.

Entre confort et sobriété : un équilibre discuté

Certains fabricants défendent ces fonctions de veille, jugées indispensables pour une expérience fluide : démarrage instantané, mises à jour nocturnes, pilotage à distance. D’autres acteurs du secteur, relayés par des agences publiques comme l’ADEME, questionnent l’intérêt d’un tel confort face à la dépense énergétique cumulée. La discussion porte aussi sur la transparence : la consommation réelle reste difficile à voir pour l’utilisateur, sauf à s’équiper d’un wattmètre ou à débrancher systématiquement. Le débat reste ouvert sur la part de responsabilité du concepteur, du régulateur et de l’usager.

Un appareil moderne peut consommer de l’énergie même éteint, car certains circuits restent actifs pour assurer veille, connexion ou redémarrage rapide.

Pour aller plus loin

  • Lawrence Berkeley National Laboratory, www.energy.gov, 2020 — Détaille et mesure la 'consommation fantôme' des appareils en veille, avec valeurs pour divers types d’équipements. (haute)
  • ADEME, Rapport 'Veille et consommation cachée', 2022 — Établit que la veille représente jusqu’à 11% de la facture électrique d’un foyer moyen en France. (haute)
  • Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research, Étude sur la directive EuP, 2015 — Analyse l’impact des normes européennes sur la limitation de la consommation en veille. (haute)

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